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IV. LE BRAME ET LA BAYADÈRE

Djamy, la bayadère, épaule et jambe nue,

Au seuil d'un jeune brame un soir alla frapper.

« J'ai froid, j'ai faim, ditr-elle, et la nuit est venue.

Ne puis-je partager ta natte et ton souper?

— Je ne ferme jamais ma porte hospitalière.

Et ce que Dieu me donne est aux enfants de Dieu,

Dit le brame. » Aussitôt il rallume son feu

Et fait cuire le riz. Alors la bayadère Agite ses grelots; et sa danse légère, Son chant voluptueux, son œil plein de langueur, De Tenfant de Brama cherche à troubler le cœur. Mais il reste insensible, et bientôt sur la table n sert le riz sans sel, mets fade et détestable. Djamy le goûte à peine, et, se levant soudain, Jette sur le jeune homme un regard de dédain : « Je pars, dit-elle ; ailleurs le plaisir me réclame. Tu ne m'ofift'es qu'un riz insipide, et ton âme Méconnaît de Tamour le charme universel.

— Va, mais retiens ceci, pauvre enfant, dit le brame La femme sans pudeur est comme un mets sans sel. »

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