‹ FablesChapitre 152 sur 172 · VI. LE CHASSEUR ET LE CHIEN · texte numérisé non relu

VI. LE CHASSEUR ET LE CHIEN

Longtemps fameux par son audace, Fox, qui commençait à vieillir, Sentait ses forces défaillir.

Un jour, triste et la tête basse.

Il suivait son maître à la chasse.

Quand soudain du fond d'un hallier Sort un énorme sanglier.

L'ardeur du vieux chien se révBille ; Sur le monstre il fond hardiment.

Et le saisit par une oreille ; Mais ce fut l'effort d'un moment :

Ses dents le trahissent ; il lâche Le sanglier qui disparaît ; Et le chasseur, dans son regret, Bat le chien qu'il traite de lâche.

« Lâche ! non; tu me juges mal, Lui répond le pauvre animal ; Ne vois-tu pas que la vieillesse Glace mes membres engourdis !

Ah ! n'accuse pas ma faiblesse.

Rappelle-toi plutôt ce que je fus jadis. »

VIL LE PAON ET LE œRBEAU.

Sous riche plume orgueil habite :

Un paon, stupide autant que beau, Un jour, à voler au plus vite Osa défier le corbeau.

Déployant son aile puissante, Le corbeau soudain prend son vol ; Mais du paon la'masse pesante Peut à peine quitter le sol.

Reconnaissant donc, plein de rage, Le tort qu*il eut de parier, Le sot i recours à Toutrage, El de loin se met à crier :

« Pour te voir, ma foi, je m*arr6te; Quel triste oiseau tu fais, mon cher !

Si c*est là ton habit de fôte.

Il n*a pas dû te coûter cher.

Lâche brigand, voleur sans âme.

Qui de cadavres te repais.

Tu fais bien de t^enfuir... infâme, Rentre au bois et me laisse en paix I

— A quel propos ce vain ramage.

Dit le corbeau ? Tu sais fort bien

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