‹ FablesChapitre 159 sur 172 · XVI. LES DEUX LAPINS · texte numérisé non relu

XVI. LES DEUX LAPINS

La bise sifllo à ma fenêtre,

Il est nuit, d'un bon feu de^^hôtro

Mes pénates sont égayés ; Dans mon fauteuil je me prélasse, Au foyer mon chien prend sa place, Et se couche en rond à mes pieds.

Voici papier, plume, écritoire; J'entends chanter dans la bouilloire L*eau que le thé va parfumer...

Qu'on est bien dans ma solitude !

L'heure de loisir et d'étude Invite ma muse à rimer.

Rimons donc : — Fumant, hors d'haleine, Un pauvre lapin dans la plaine Fuyait, par deux chiens poursuivi; Un camarade à sa rencontre, A deux pas d'un terrier, se montre Et lui dit : « Pourquoi fuir ainsi?

— Pourquoi je fuis? hélas t 'regarde :

Deux lévriers, dont Dieu te garde, Me suivent depuis le grand bois.

— Deux lévriers!... la peur t'abuse; Mais le péril est ton excuse :

Ce sont deux bassets que je vois.

— Eux bassets I Eh 1 comme mon père I . . .

Je les ai vus de près, j'espère.

Et ce ne sont pas les premiers.

— Frère, ton peu d'esprit m'étonne ;

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