XIL LE CHIEN FAVORI
Mon père, daigne m'apprendre.
Dit un jeune chien danois.
Comment Mops a pu s'y prendre
Pour captiver à la fois
Maître, enfants, valets, maîtresse ?
Chacun l'aime et le caresse.
Pour lui sont les meilleurs os, £t pourtant, tu le sais, Mops n'est point un héros
Il ne pourrait, comme Cerbère,
Gardien vigilant de la cour.
L'œil ouvert la nuit et le jour, Écarter par ses cris le voleur téméraire ;
Il n'irait pas, comme Médor, La queue en mouvement, le nez rasant la terre.
Éventer le coq de bruyère Ou trahir la perdrix qui va prendre l'essor ; Saurait-il, comme toi, suivre un cerf à la trace ?
Oserait-il, comme Moufflard, Au fond d'un noir terrier combattre le renard,
Ou, comme Fox, donner la chasse
Au loup qui vient dans Fombre assaillir le troupeau ?
Non, non, Mops craint trop pour sa peau.
Pourtant, et ce point m^embarrasse,
Plus que tout autre il est chéri, De toute la maison c'est le chien farori.
Explique-moi cela, de grâce.
— De la faveur de Mops je ne suis pas surpris, Répond le vieux danois, observateur sagace ;
De son adresse elle est le prix.
Son secret n*est pas difficile.
Et, comme il te peut être utile.
Je vais te l'apprendre en deux' mots :
Mops n'a jamais mordu personne.
Il donne la patte à propos.
Pour qui veut parvenir cette méthode est bonne.
Xni. LES FURIES.
Pluton disait un jour au messager des dieux : « La vieillesse engourdit le bras de mes Furies ; J'entends plus rarement l'écho des sombres lieux
Répéter les cris odieux Des ombres, sous leurs fouets sanglantes et meurtries. Je veux sans plus tarder y mettre ordre : il le faut. Ou mon sceptre, aux méchants jadis si redoutable, Rientôt leur servirait de risée et de fable : Cherche-moi donc, Mercure, au monde de là-haut,