LIVRE I. 2n
Trois femmes au cœur dur, haineux, inexorable, Pour remplacer Mégère et ses sœurs. — Avant peu, Tu les auras, Pluton, j'ose en répondre ; adieu. »
« A quelques jours de là, Junon dans TEmpyrée
Disait : < Ne vois-tu pas. Iris, Quels regards insultants lance sur moi Cypris ? Elle se vante d'être en tous lieux adoréo :
A l'en croire, les cœurs de notre sexe entier Aux flèches de son fils sont livrés sans défense. Répondons par des faits à ce langage altier ! Brisons, il en est temps, un orgueil qui m'offense ! Tu vas descendre. Iris, au terrestre séjour ;
Tâche d'y trouver trois mortelles
Dont le& chastes cœurs à l'amour
Se soient toujours montrés rebelles.
J'en ferai trois nymphes nouvelles ; Pourquoi n'aurais-je pas mes Grâces à mon tour ? Je veux ceindre leurs fronts de roses éternelles Et, pour narguer Cypris, les admettre à ma cour. »
A peine elle a parlé que du haut de la nue.
Sur l'arc aux sept couleurs. Iris est descendue.
Elle parcourt la terre, et du monde habité
Pas un coin qui ne soit par elle visité.
Enfin, découragée, aux cieuxelle remonte.
« Tu reviens seule. Iris I siècle impur ! ô honte !
— Déesse, dit Iris, j'avais pourtant trouvé
Trois vierges au cœur éprouvé :
De peur de se laisser surprendre
Aux artifices de l'amour, Elles avaient banni sans regret, sans retour, Et l'amitié trop vive, et la pitié trop tendre ; Elles n'avaient jamais caressé d'un regard ♦ Aimable enfant ou bon vieillard.
Tant leur pudeur était austère !
J'allais donc, ô Junon, les ravir à la terre ; Mais il était trop tard, et pour un autre emploi
Mercure au ténébreux empire
Avait ordre de les conduire.
— Un autre emploi !... De grâce, Iris, explique-toi : Et qu'a besoin Pluton de mes vierges chéries ?
Qu'en veut-il faire ? — Des Furies. »
La bonne Iris tomba dans une étrange erreur,
Sans doute par excès de zèle.
Soyons plus clairvoyants : ne prenons pas, comme elle. L'insensibilité, la dureté du cœur.
Pour l'aimable vertu, pour la sainte pudeur.