‹ FablesChapitre 161 sur 172 · XVU. LA PIE ET LA COLOMBE · texte numérisé non relu

XVU. LA PIE ET LA COLOMBE

Apprends-moi ce qui te chagrine,

Disait Margot la pie, un jour,

A la colombe sa voisine.

Les tendres fruits de ton amour

Grandissent en paix sous ton aile,

Ton ramier t*aime, il est fidèle,

Pourquoi gémir et soupirer?

— Ah 1 j*en ai bien sujet, ditr-elle :

Un milan vient de dévorer

Ma pauvre sœur la tourterelle.

^00 IfÀBLES.

Que vont devenir ses petits Dont le cri plaintif me déchire?

Encor si j'y pouvais suffire, J'alimenterais les deux nids ; Mais j'aurais besoin d'être aidée.

Si tu voulais... — Moi, quelle idée!

En fait de peines, de soucis.

Nous avons bien assez des nôtres ; Et se tourmenter pour les autres, C'est trop vraiment. Chacun pour soi :

Voilà ma devise et ma loi.

— Loi barbare, loi meurtrière I Dit la colombe avec effroi :

Il vaut mieux gémir comme moi Que d'être heureuse à ta manière.

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