XX. SADI ET LE MENDUNT
À pied et sans chaussure, on conte que Sadi,
Moraliste célèbre et maître en poésie,
Dans un chemin pierreux, à l'heure de midi,
Voyageait un jour en Asie.
Philosophe et poëte, il faisait deux métiers Qui mènent rarement un homme à la richesse :
Sadi, dont en tous lieux on vantait la sagesse. Et dont les vers comptaient des lecteurs par milliers» N'avait pas le moyen d'acheter des souliers.
Il entre enfin dans une ville ; Les ronces, les cailloux, et les sables brûlants. Ont déchiré ses pieds douloureux et sanglants. Mais, hélas ! sans argent où trouver un asile? Sadi contre le ciel murmure dans son cœur, Et du sort qui l'accable accuse la rigueur.