LIVRE VI
C'est le temps où rhomme barbare
Contre eux prépare Ses reginglettes et ses rets ; Il sentie que la froide bise
Pas ne suffise A faire périr ces pauvrets.
De place en place, dans la plaine,
Volait à peine Un d'eux affamé, morfondu ; Tout à coup au seuil d'une grange,
Bonheur étrange I Il a vu du blé répandu. '-^
« Quel secours, dit-il. Dieu m'envoie 1 »
Et, plein de joie, Il s'approche, il voltige autour ; A s'abattre au seuil il s'apprête,
Puis il s'arrête.
Confiant, craintif, tour à tour.
Enfin brusquement il s'envole.
Et se console En se disant : « C'était trop beau :
Ce grain cache un piège perfide.
Où, plus avide.
J'aurais pu trouver mon tombeau. »
Sur la pâture mensongère, A la légère
Se jettent d^autres affamée.
Sur eux^le filet se refenne.
Et dans^la ferme Dès le soir même ils sont plumée.
Ainsi, dans ce temps d'industrie,
La foarberie Noos tend ses lacs de toute part.
Des badauds la foule au plus vite
S'y précipite ; L'homme prudent reste à l'écart.
Plus à ses yeux, pour le séduire,
Elle fait luire L'or, appât magique et trompeur.
Plus il se tient en défiance.
Moins il s'avance :
« C'est trop beau, dit-il, et j'ai peur. »