IL LE MÉRITE ET L'INTRIGUE
 rintrigue un jour le Mérite
Disait : « Où donc vas-tu si vite ?
— Après la Fortune je cours.
— Moi, je Tattends ici. — Tu l'attends ?... je te jlaisse ; Adieu, prends patience. » Au bout de quelques jours, L'Intrigue sut trouver la bizarre déesse ;
Le Mérite l'attend toujours.
m. LE RAT DES CHAMPS ET LE RAT DE VILLE.
Un jour le rat des champs reçut le rat de ville,
Vieil hôte, vieil ami, dans son rustique asile.
Sobre «t vivant d'épargne, à son ami pourtant.
D'un cœur hospitalier, il apporte à l'instant
Des pois, du raisin sec ; puis il met sur la table
Du lard déjà rongé, mais encor présentable :
Il cherche à ranimer par la variété
L'appétit languissant d'un hôte dégoûté.
Qui touche à peine aux mets d'une dent dédaigneuse ;
Quand lai, maître du lieu, faisant minejoyeuse,
Gruge, assis sur la paille, un peu de sarrazin,
Et laisse à son ami le meilleur du festin.
Celui-ci dit alors au pauvre solitaire :
« Pourquoi, comme une taupe^ mùsi vivre sous terre ?
Laisse là tes forôts, mon cher, et sais mes pas.
Puisque, grand ou petit, nul n'échappe aa trépts.
Puisque Theure qui fuit à jouir nous invite.
Quitte ce froid séjour, ce misérable gîte.
Viens en ville avec moi vivre au sein des plaisirs. »
Ces mots du campagnard éveillant les désirs,
Il part, il suit son hôte, et loin de sa retraite
Vers la ville gatment il court tout d*ane traite.
Minuit couvrait le ciel de ses voiles obscurs.
Tous deux inaperçus se glissent sous les murs,
Et dans un vaste hôtel en rampant sMntroduisent.
Là,, partout à leurs yeux Tivoire et Tor reluisent,
Partout brille la pourpre, et dans plus de vingt plats
Les débris savoureux d'un splendide repas
Sont sur la table encore étalés de la veille.
Le citadin, qui fait les honneurs à merveille.
Place sur un tapis son hôte et, le servant.
Fait succéder les mets dans un ordre savant,
Va, vient, goûtant d'abord à tout ce qu'il apporte.
Notre rustre ébahi, que ce luxe transporte.
Se montre bon convive et s'en donne à crever.
Mais voilà qu'un grand broit l'empêche d'achever :
La porte à deux battants s'ouvre ; mon rat détale ;
Son camarade et lui tout autour de la salle
Courent ; pas un refuge ! et de dogues hurlants
Les cris glacent d'effroi nos deux amis tremblants.