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XII. LE RÉFORMATEUR

Un campagnard demi-lettré.

Grand lecteur de journaux et profond politique, Se montrait mécontent : rien n'allait à son gré Dans le gouvernement de la chose publique.

Tandis que, tout le jour, à ses calculs livré,

Il refait la Gharto à sa guise, Qu'il réforme TÉtat, et Tarmée et l'Église, Ses fils, abandonnés sans guide à leurs penchants. Se livrent aux écarts d'une vie effrénée ;

Ses domestiques, ses agents,

Dorment la grasse matinée.

Et bien avant le soir ont fini leur journée.

Aussi Dieu sait comment tout va dans sa maison !

L'ivraie étouffe sa moisson ; Les sarments, non taillés, de sa vigne appauvrie.

Rampent sur un terrain bourbeux ; Mal nourris, mal soignés, ses chevaux et ses bœufs

Dépérissent à l'écurie ;

Chaque soir au bercail il manque quelque agneau, Et ce n'est pas toujours le loup soûl qui les mange. L'œil du maître, on le sait, engraisse le troupeau. Féconde le sillon et double la vendange ;

Mais quand le maître no voit rien, Tout se perd, tout se gâte, et rien ne vient à bien.

Un jour donc notre personnage,

Oracle de son voisinage.

Déclamait, au milieu d'auditeurs ébahis,

Contre les abus du pays ;

Tandis qu'il tranche et qu'il ordonne,

Qu'il raisonne et qu'il déraisonne.

Changeant, rectifiant, en petit potentat, Les lois de la culture et les lois de l'État, Thomas, vieux laboureur à demi sourd, s'informe De ce qu'il vient de dire et répond : « Tous tes plans.

Voisin, sont peut-ôtre excellents.

Mais fais d'abord chez toi l'essai de ta réforme ;

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