LIVRE II
Puis, quand nous aurons vu tes champs mieux cultivés,
Tes valets plus actifs, tes fils mieux élevés,
Tes troupeaux mieux soignés et plus gras que les nôtres.
Proche alors, conseille les autres :
Tes systèmes enfin parmi nous auront cours.
Quand Texemple viendra confirmer tes discours. »
En beaux parleurs la France abonde ; A plus d*un Ton pourrait dire, non sans raison : Toi qui veux réformer le monde.
Réforme d*abord ta maison.
Xm. LE POMMIER SAUVAGE ET LE HÊTRE.
Dans le tronc d'un pommier sauvage
Un essaim de mouches à miel Avaient pris domicile, et bientôt à l'ouvrage. D'un nectar, qu'on eût cru préparé dans le ciel. Elles avaient rempli ses flancs rongés par Tàgo. Fier du riche dépôt amassé dans son soin
Par l'industrieuse peuplade.
L'arbre un jour insultait au hêtre son voisin.
Qui lui répondit : « Camarade, Il te sied bien vraiment de faire le censeur ! A garder un trésor qui point ne te profite
La gloire me semble petite ; Mais du miel dans tes fruits fais passer la douceur,
Et tu pourras alors nous vanter ton mérite. » i
Que ce jeune homme paraît vain !
— C'est que, pendant douze ans dans la ville voisine, ' Les Muses Tont nourri du miel de leur doctrine. '
— S'il en est devenu plus juste, plus humain, I
Devant ses talents je m'incline ; ' !
Mais, fût-il savant comme Pline, i
S'il n'en est pas meilleur, arrière le hautain 1 i