‹ FablesChapitre 54 sur 172 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Tant qu'à la fin nos chats, qui sont las de ce jeu

Et craignent qu*en entier le fromage n'y passe, *

Disent : « Maître Bertrand, restons-en là, de grâce :

L'aiguille n'est pas au milieu;

Mais il s'en manque de si peu Que si vous permettez... — Oh ! messieurs, la justice Trahirait ses devoirs en transigeant ainsi :

Vos lots seront égaux, bien égaux, Dieu merci !

La loi l'exige : il faut que je remplisse Mon mandat jusqu'au bout. » Et Bertrand de rechef, Selon que par son poids l'un des bassins l'emporte, Armé de son couteau, coupe et retranche : bref,

Il procéda de telle sorte Qu'il eut tout le fromage ; et l'un de nos deux chats. Tout honteux, dit à l'autre : < Entre nous à l'amiable. Frère, il faut désormais régler tous nos débats : Bertrand et ses pareils peuvent aller au diable. »

Page 1