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XXIII. LES DEUX CHATS ET LE SINGE

Deux chats dans une office avaient pris un fromage ;

Et, suivant Tordinaii^e usage, Nos deux maîtres fripons, d'accord pour le larcin.

Ne Tétaient plus pour le partage.

Un singe, commensal d*un vieux juge voisin.

Est choisi pour arbitre : il fait en sa présence Apporter les deux parts de Tobjet contesté ;

Puis, prenant avec majesté Un couteau d'une main, de l'autre une balance : « Dans les bassins, dit-il, je mets les deux moitiés ; Ayez l'œil au fléau, vous, messieurs, et voyez

De quel côté l'aiguille penche :

N'est-ce pas à droite ? — Oui. — Bon, dit-il. » Aussitôt Bertrand, pour rétablir l'équilibre en défaut.

Du côté droit mesure et tranche Un morceau qu'il avale. « A présent ? — A présent

Le côté gauche est plus pesant.

— C'est juste : heureusement le remède est facile. »

Ce disant, notre juge habile Dans le bassin trop lourd coupe un autre morceau. Qui, comme le premier, passe par son museau.

Un quart d'heure durant, Bertrand, le bon apôtre, Taille et retaille ainsi d'un côté, puis de l'autre,

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