‹ FablesChapitre 63 sur 172 · V. LE LOIR ET LE HÉRISSON · texte numérisé non relu

V. LE LOIR ET LE HÉRISSON

< Ami loir, reçois ma visite, Il est tard, je viens sans façon Partager ton souper, ton gîte. »

Ainsi parlait un hérisson.

< Combien ta présence m'est chère !

Lui répond le loir mgénu ;

Tu feras ici maigre chère.

N'en sois pas moins le bienvenu. »

Le bon loir alors se dépêche A tirer do son magasin Morceau do lard, amande fraîche.

Châtaigne, maïs et raisin.

Sur le repas Tintrus se jette, — Voyage aiguise Tappétit, — Puis, quand il a fait table nette, « Çà, dit-il, prête-moi ton lit. »

Et, sans attendre la réponse.

Sans dire à son hôte bonsoir.

Dans le lit de mousse il s'enfonce.

Un coin nu reste seul au loir.

Mais la cellule est tout étroite, Et le hérisson, qui dort peu, En se tournant à gauche, à droite, Gêne fort le maître du lieu.

« Ah I jo perds enGn patience, Dil le pauvre loir tout en sang ; Délivre-moi de ta présence, Sors, hôte incommode et blessant.

— Moi, dit-il, quitter cet asile !

Non, je m'y plais ; puis Thiver vient ; Mais toi, qui fais le difficile, Va-t*en, si cela te convient.

— Oui, je pars, dit le loir tout triste.

Du plus fort je subis la loi :

Quand on héberge un égoïste.

On n'est plus le maître chez soi. »

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