XV. L'ART D'ÊTRE HEUREUX
Un vieux vizir disgracié Vivait loin de la cour, dans une paix profonde, Depuis plus de trente ans, oubliant, onblié.
Et se disant heureux, chose rare en ce monde.
Le roi, l'ayant su par hasard.
Voulut voir rhonnôte vieillard.
« Toi qui prétends mener une si douce vie, Comment as-tu trouvé ce bonheur que j'envie ?
Quel est ton secret, dis-le moi ?
— Je cherche à rendre heureux tout ce qui m'environne,'
Répondit le bonhomme au roi.
Comme un feu bienfaisant dans tous les sens rayonne. Le bonheur rejaillit sur celui qui le donne.
J*ai trouvé dans l'amour la source de tout bien : Femme, enfants, serviteurs, jusqu'à mon chien lui-même,
Pour être aimé d'eux, je les aime.
Et de leur bonheur naît le mien. »