LIVRE III
De ses premiers essais bienveillant auditeur,
Et qui resté, malgré son âge,
Des beaux vers fidèle amateur.
Mêlait encor Tétude aux soins du jardinage.
A Tombre d*un berceau de vigne et de jasmin, Le vieillard méditait, un Virgile à la main.
Corneille ouvrit son cœur à cet ami sincère : c Conseillez-moi, dit-il, ô mon guide, ô mon père 1 Je n'ai jamais blessé personne en mes écrits. Pourquoi tant d*ennemis ont-ils juré ma perte ? Et, quand à vingt auteurs la carrière est ouverte, Contre moi seul pourquoi ces fureurs et ces cris ? — De cet acharnement, répond le solitaire, Je te vais, ô mon fils, révéler le mystère :
Sans perdre en vains discours des instants précieux. Sur ces raisins dorés tourne un moment les yeux... C'est sur les plus beaux fruits que se jettent les mouches. Vois, j'ai beau les chasser, ces insectes farouches Y reviennent sans cesse avec plus d'âpreté, Sans s'arrêter jamais sur le fruit avorté. »
Le poëte charmé sourit; il rendit grâce A l'aimable vieillard, en lui serrant la main. Toujours autour de lui des frelons du Parnasse Il vit tourbillonner le bourdonnant essaim ; Mais, sans plus écouter leur rumeur importune, Il écrivit Cinna, Pompée et Rodogune.