LIVRE IV. lia
Je vous livre à jamais Tair, la terre et la mer. Et toi, quand j'ai brisé les fers de ton esclave, Invente, ô dieu jaloux ! un nouveau châtiment, Et livre à tes vautours, de ce cœur qui te brave L'éternel aliment. »
Ainsi, sur sa lyre inspirée,
Chantait Prométhée ; à sa voix.
Les farouches mortels sortent du fond des bois ; Et, ravis à Taspect de la flamme sacrée, De leurs instincts grossiers se dépouillant soudain, lis dansent alentour, en se donnant la main.
La nuit vient : lentement la troupe se retire.
Quand, errant dans Tombre, un satyre De loin voit cette flamme ; il approche, il admire. Et d'un brûlant tison tout à coup s'emparant. Sous son toit de feuillage il l'emporte en courant. Imprudent ! il le livre à sa jeune famille.
Bientôt, dans leurs jeux enfantins.
Le feu, qui s'augmente et pétille.
S'étend rapidement aux arbrisseaux voisins.
Le satyre en riait; mais la flamme agrandie,
Sous le souffle orageux des vents.
Par toute la forêt propage l'incendie,
Et le satyre et ses enfants Veulent fuir, mais trop tard ; ils y perdent la vie.
Dans ce feu, qui sert ou qui nuit, J'ai voulu te peindre, ô science !
Toi dont il faut bénir et craindre la puissance :
De Terrear dissipant la nuit, Dans la route du vrai ta lumière nous guide ;
Mais parfois son éclat perfide, Météore trompeur, sert à nous égarer :
Instrument à la fois des vertus et du crime, Hélas I pourquoi faut-il que ton flambeau sublime
Souvent brûle au lieu d'éclairer 1