‹ FablesChapitre 87 sur 172 · L PROMÉTHÉE ET LE SATYRE · texte numérisé non relu

L PROMÉTHÉE ET LE SATYRE

c II brille, il brille enfin! il est en ma puissance Ce fou que pour l'Olympe avaient créé les dieux î Sur ses ailes de flamme il vole, pure essence^ Et fait de vains efforts pour remonter aux deux. Terre, conserve bien la divine étincelle Que pour toi j'ai ravie au saint flambeau des jours : Que le feu, ma conquête, à la race mortelle Demeure pour toujours.

» Plongeant dans l'avenir mes regards prophétiques, Je vois, oui, je vois l'homme, esclave émancipé, Briser, fouler aux pieds les liens tyranniques Dont vos mainsi dieux jaloux^ l'avaient enveloppé. Avec le feu, les arts et le travail vont naître : Le fer va remplacer la massue et l'épieu, Et les lions vaincus reconnaîtront leur maître Dans le maître du feu.

»^ Abandonnant le gland à l'animal immonde, L'homme agrandit la plaine aux dépens des forêts ; Et le champ nourricier, que sa sueur féconde, Doit tout à son travail et non pas à Cérès.

La mer veut-elle mettre un terme à ses conquêtes. Il lance son esquif sur l'abîme grondant ; Neptune se courrouce ; il brave ses tempêtes, Et rit de son trident.

» Il fait plus : en tous sens, sur les flancs de Cybèle, De ses lignes de fer il étend le réseau.

Et l'ardente vapeur qu'à son char il attelle. Prompte comme la flèche ou l'aile de l'oiseau, Précipitant soudain sa course vagabonde A travers les vallons, les plaines, les sommets, Le porte en quelques jours aux limites du monde, ^"^ Trop étroit désormais.

» Qu'opposera l'ardeur d^Sï^te race humaine?

^impossible est pour elle un nV vide de sens : ^ e ose, ô Jupiter, envahir ton ddWine, A 1 îf ^'"' '' "^^^'^ '^ foudres^açants.

Jn jour tu les verras, d'un vol audacieuxV iS élever au-dessna h» #«- ^*oux, ^

au aessus du trône ou tu chancelles^ lit s emparer des deux.

* ^iortels, vous me devez l'ardonn ^. • « 1

Mon génie a pour vous fai '1 / ''"' "^"^' s- ^ *""^ "" P'us que Jupiter :

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