VIII. LE BALAI
Dans la salle à manger d'un ami, l'autre jour, J'attendais qu'il rentrât ; un valet assez lourd Nettoyait le plancher, d'une ardeur sans égale. Mais, comme son balai crasseux, mal emmanché, Semait plus d'une ordure et d'un brin dans la salle, « Au diable le balai I dit-il d'un air fâché. Plus je balaye avec, et plus la chambre est sale. »
Pour garantir mon cœur de toute impureté, Pour balayer l'erreur des sentiers de ma vie.
Si j'ouvre, en ma simplicité.
Un livre de philosophie.
Il arrive, hélas ! bien souvent
Que l'auteur, faisant fausse route,
M'égare ou me conduit au doute.
J'ai peine à démêler le sophisme savant, Et je m'écrie alors : « Au diable soit le livi Du doute et de l'erreur je veux qu'il me délivre,
Il m'y plonge encor plus avant. »