‹ FablesChapitre 97 sur 172 · IX. LES CORBEAUX · texte numérisé non relu

IX. LES CORBEAUX

Deux lions se battaient, et partout à la ronde Leurs fiers rugissements, par l'écho répétés, Faisaient enfuir au loin la troupe vagabonde

Des animaux épouvantés.

Seule, de noirs corbeaux une phalange immonde Accourt à tire-d'aile et vole au-dessus d'eux.

« Arrière, arrière, oiseaux hideux, Dit un aigle, qui passe, à cette troupe lâche,

Par vos cris poussés sans relâche /

Cessez d'importuner ces nobles champions.

D'ailleurs, au sort de ces lions

Quel intérêt ?... — Belle demande I Répond en croassant un des chefs de la bande ;

Levant tribut sur les tombeaux, C'est nous qui recueillons le fruit de la victoire : Pour le vaincu, la mort ; pour le vainqueur, la gloire ;

Mais la proie est pour les corbeaux. »

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