‹ Fables [microforme] (volume 2)Chapitre 21 sur 109 · L’AIGLE ET LE SERPENT · texte numérisé non relu

L’AIGLE ET LE SERPENT

op de quelle famille, Mais nn ambitieux ;

On sait qu'il en fourmille, Un serpent, dis-je, déja vieux, Voulut sortir enfin

de son marais immonde Pour régner sur Je

S pics où nichent les aiglons,

En roulant ces Pensers d'orgueil et de Conque te, Il atteignit l'arrête

D'un rocher.

Un aigle le vit approcher Et salua jusques à terre :

—Je pe puis revenir de mon étonnement, Dit-il ? monter ici sans ailes, quel mystère! Vous pouvez bien, alors, monter plus haut, vraiment.

—Comment monter plus haut ? Ce serait bien étrange: Je n'ai point d'ailes, moi. -

—Quand on veut tout s'arrange.

Je volerai pour vous, mon cher concitoyen ; La chose est bien facile.

Tenez, soyez docile, Je vais vous montrer le moyen.

L’aigle, à cette parole, Prénd le reptile et vole Sur l’abtme profond.

— Vois done, dit le serpent, toutes ces sottes bêtes

Qui, pour me regarder, lèvent au ciel leurs têtes : Mon audace les confond.

— Pour être plus sincère

Et ne point te fourber, Je crois, dit l'aigle ouvrant sa serre, Qu'elles te regardent tomber.

L'ignare ambitieux, qui se croit un grand sire

Et qui veut tout soumettre à son absurde empire, Finit assez souvent Comme ce vieux serpent.

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