‹ Fables [microforme] (volume 2)Chapitre 22 sur 109 · LE CHEVAL ET LE CHARRIOT · texte numérisé non relu

LE CHEVAL ET LE CHARRIOT

Un bon cheval d’un certain âge, Tratnait depuis longtemps un pesant charriot ; Il était tout en nage, Mais il ne disait mot.

A quoi sert de se plaindre Quand personne n’est là pour nous prendre en pitié, Ou, tout au moins, pour feindre Une douce amitié ?

Il vaux mieux avec patience Endurer son mal.

C’est ce que l'animal

Faisait en Conscience :

Mais il n’en Pensait pas moins,

Cependant la Voiture Conduite Par ses soins Parvint, Sans fâcheuse aventure, Au sommet d’un vaste Coteau, La descente en était rapide :

Un roc abrupt, un trou perfide Resserraient Je Chemin com

Alors le véhicule Commenca de parler.

semble étrange, et même ridicule } $; Pour si peu n’allez Pas quereller.

me eut fait un étau.

Cela vous N’import

» Sans qu'on le devine, Sur la pente de la ravine

Je vais te pousser

Et tu n’as qu'à te laisser faire

Pour descendre en bas Promptement :

Je connais mon affaire,

bravement,

64 FAÂBLES.

Le cheval, écoutant ce propos singulier, Changea de rôle.

Après tout, ce devait être joliment drôle Que ne plus se morfondre à tirer du collier.

I] partit aussitôt sur la pente assez raide.

Le charriot content de lui donner de l'aide, Poussait, poussait ; si bien qu’énfin Il le poussa dans le ravin.

Vous qui nous conduisez à travérs les abtmes, N'allez pas imiter ce cheval idiot,

Ne changez pas de rôle avec certains intimes, Car il feraient, bien sûr, comme le charriot.

Une plume,

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