‹ Fables [microforme] (volume 2)Chapitre 24 sur 109 · LE LOUP ET LE CHIEN · texte numérisé non relu

LE LOUP ET LE CHIEN

Un loup vieillot et maigre, Ayant une voix aigre Mais un souple mollet, Sortit du bois, un jour, dans le dessein coupable, La chose était palpable, De croquer quelque bon poulet. |

Il s'approcha donc d’une ferme D'un pas ferme, Tout comme aurait pu faire un vieil habitué : Mais au seuil de la porte il vit le chien Fidèle,

Un serviteur modèle Qui ne craignit jamais d’être destitué :

I] fallut donc agir avec quelque finesse.

—J'ai connu votre père au temps de ma jeunesse, Fit-il, et vous avez sa taille et son regard. Comme pour lui, les loups ont pour vous de l'égard. Ils veulent vous avoir pour hôte, Sous la forêt, demain matin.

Ils préparent un grand festin.

—Abh! c’est une faveur bien haute Que mes frères des bois me font en ce moment ; J'irai compère loup, j'irai certainement.

— La table sera bien servie.

J'ai cependant envie,

Reprit.le loup dans l'embarras, De faire une surprise aux loups que tu verras. Tu vas donc me prêter une grasse poulette, —

Cela manque à notre repas— Je dirai que c’est toi—mais ne me démens pas— Qui l’élevais pour eux sous ta noble houlette.

Le chien montra les dents.

—À tantôt, fit le loup :

Je viendrai te chercher et nous rirons beaucoup.

Des loups, on en voit bien. Ils sont vêtus en hommes ; La plupart ont connu votre père défunt ;

Ils ont pour leurs amis foadu de belles sommes ;

Ils vous offrent de tout et vous font un emprunt.

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