FABLE
Qu'il ne soit, dans son cours, rompu pour un instant. Or, notre voyageuse Glissa dans un vase profond, Un grand vasé de porcelaine.
Elle s'’imaginait monter tout d’une haleine, Elle ne laissa pas le fond.
Sur la paroi polie Ses pattes né mordirent pas.
Elle vit sa folie, Et se mit à songer aux horreurs du trépas.
Le hasard fit descendre auprès d'elle une mouche,
—Sauve-moi, lui dit-elle, et que mon sort te touche ; Nous ferons amitié ;
J'ai faménse mémoire
Et je me ferai gloire
De chanter ta pitié.
La mouche qui n’est pas, après tout, fort médhaute, Bien qu’elle chante En nous piquant,
Prend la captive en croupe Et, s6 moquant
Des hauteurs de la coupe,
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L'emporte, d'un coup d’aile, assez loin du danger. On se sépare alors, maïs non sans échanger
Un adieu bénévole.
La voyageuse trotte et la mouche s'envole ;
À quelque temps de là, tout en l'air, dans un coin Une araignée, au milteu de sa toile, Eviait avec soin, | Comme à travers un voile, | Les mouches de l’appartement.
Or, tout à coup, bonne fortune !
Elle en vit une Qui s’engageait fort sottement Et s’empêtrait dans son fil trattre.
—Tu vas servir à me repaîttre, Dit-elle avec aigreur.
La mouche tout d’abord frissonna de terreur, Mais elle retrouva bientôt son assurance :
—Mon amie, à:ton tour, Dit-elle, rends-moi l'espérance | Daigne me payer de retour!
C'est moi qui de bon cœur t'ai sauvé l'existence Quand, par inadvertance, Tu tombas dans un vase creux.
Mon cœur fut généreux, Le tien ne l'est pas moins, oh ! non, j'en suis bien sûre. + Délivrez-moi des fils de votre tissu fin.
L'araignée, aussitôt, lui fit une morsure Et dit :
—J'ai faim |
Le vice naît souvent d’une extrême indigence ; Lorsque l’homme est heureux il a de l'indulgence.
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