LA LUTTE POUR LE SCEPTRE CHEZ LES ANIMAUX
Un jour les animaux sauvages , Voulurent imiter les projets des humains, Et suivre de nouveaux chemins.
Ils allaient vivre mieux, faire moins de ravages. Ils s’assemblèrent comme font Des hommes de nos jours à l'aspect débonnaire, Au pied d’un haut rocher où l'aigle avait son aire, Afin de discuter à fond S'il était opportun d'élire pour la vie, Ou pour un terme seulement,
Non pas un roi, — eela vraiment Sent trop la tyrannie, — Mais un bon président Qu'on traite Comme un hôte, Que l'on met, que l’on ôte Avec un zèle ardent,
On s’entendit tout de suite :
Le président élu Resterait président durant bo
Or, le décret fut lu,
Et chacun l'approuve sur l'heure à sa manière,
nne conduite,
— Qui sera chef ? dit l’ours sorti de sa tanière Avec l'espoir au cœur,
— Vous, répond le renard, d’un air un peu moqueur.
—Le SOUVeraineté, je veux qu'on la dispute.
Faisons un grand tonrnoi, Que chacun, Ses chances de succès, cria le loup.
donc, suppute cervier.
—Le plus rapide au vol l'aura, dit l'épervier.
—Celui qui chentera le mieux, risqua la grive,
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Griversitas CANADIANA … Ottaviensit
— Le premier qui pourra nager jusqu'à la rive, Fit le castor,
—Le plus humble de tous, proposa le butor.
— Non! le plus redouté, vociféra l’hyène.
— Pas de gêne ; | Que chacun, mes amis, s'exprime à sa façon : il Il faut donner à l'homme une bonne leçon,
Dit un graud orignal en branlant sa ramure.
Un long murmure
Accueillit ce discours en trois ou quatre mots.
Les prétendants allaient se montrer aussi sots Que les hommes eux-mêmes,
En ne s’entendant point sur l’objet du combat,
Et le débat
Commencçait à tratner en des longueurs extrêmes, Quand un aigle orgueilleux, Ouvrant son aile large
Au-dessus du roc sourcilleux, Leur dit qu’il acceptait la charge.
—Nous sommes bafoués par cet impertinent ; Allons le déloger ! allons incontinent !
Et le premier rendu mettra le diadème, Reprit l’ours en grinçant.
Tous hurlent :
— Accepté !
Et s’élancent avec impétuosité Pour conquérir enfin l’autorité suprême.
Mais avant d'arriver, hélas! plus d’un héros Tombe et se rompt les os.
Cependant un serpent se glisse avec prudence Parmi la mousse dense Et dans les fentes du rocher ; Il passe à travers les fascines ; Il réussit à s’accrocher Aux rameaux, aux racines, Arrive le premier sur les âpres sommets, Et pour se mettre en règle, Jette le nid de l’aigle Sur ses nouveaux sujets.
Citoyens à la forte trempe Qui voulez noblement atteindre le pouvoir, Prenez garde à l’homme qui rampe Et monte sans se faire voir !
les rats.
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