LA CIGALE ET LA FOURMI
La cigale est railleuse
Et se plaît à chanter,
La fourmi travailleuse,
N'aime pas plaisanter ; Ù Elle est peu charitable
Et d'humeur intraitable,
Et puis, s’il a médit, L’illustre fabuliste,
C’est qu’il connaissait bien La petite égoïste,
YABLES,
Travailler ne vaut rien Si vous n'avez point d'ordre Ou de noble dessein,
Si vous vous laissez mordre Par l'amour d'un vil gain.
Chanter vaut quelque chose Si l’on chante à propos :
Un chant gai nous repose Et nous rend plus dispos.
C'est pourquoi la cigale, Dans la belle saison, Eut mille fois raison De chanter, au scandale De dame la fourmi,
C'est vrai qu'elle a gémi Quand a soufflé la bise, À Mais il faut qu'on le dise, C'est grâce, assurément, Au mauvais sentiment De la fourmi gorgée,
Ce que l'on ne sait pas, c'est qu’elle s'est vengée 6 é
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En cigale de cœur.
Lisez, me voici chroniqueur.
Les cigales, prudentes, Font entendre leurs voix stridentes Dans les beaux jours d'été, quand les vives chaleurs Rayonnent dans les airs et sur les champs en fleurs. C’est toujours le beau temps que leurs chants nous annoncent ; L'homme et l’insecte, alors, se hâtent au labeur. Mais si leur voix se tait tous les sourcils se froncent Et tout nuage nous fait peur.
Quand la chaude saison fut enfin revenue, Notre cigale méconnue Se cacha sur un arbre épais, Tout près de la fourmi qui travaillait en paix; Puis, au lieu de chanter quand un soleil superbe De ses rayons Dans les sillons Plongeait l’étincelante gerbe, Elle chanta sous le ciel noir A l'approche de l'orage.
Toujours trompée en son espoir, La fourmi ne fit point d'ouvrage :
Et lorsque l'automne arriva
Éeraterert
Avec son ciel livide, Son grenier se trouva Presque vide, Et ce fut à son tour, alors, de mendier.
Elle frappa chez sa voisine, Où l’on faisait bonne cuisine, Et se mit à psalmodier
a Le Avec beaucoup de modestie, AdtoEnt : Pour attirer la sympathie,
L'histoire de sa pauvreté.
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— Votre sort ne fut point, sans doute, mérité ? Dit, d’une voix bénigne, La cigale maligne
Que la fourmi ne reconnaissait pas.
—Si j'avais moins donné, reprit la mendiante, Vous ne me verriez point, honteuse et suppliante, De porte en porte ainsi traîner mes pas,
—Je vous crois bien, et je badine :
Mais venez, c’est l'heure où je dîne, Et le repas est servi,
Or, la table était magnifique.
Le dîner fut suivi De chant et de musique.
La fourmi cependant voulut prendre congé.
— Pas du tout, dit l’hôtesse ; J'en aurais bien de la tristesse :
Je vous garde avec moi, c'est un plan arrangé, Jusqu'à ce que l'hiver fuie avec son cortége, Et que nous revienne l'été.
—Qu'ai-je fait pour qu'ainsi ta pitié me protége, Et comment reconnattre enfin tant de bonté ?
- Sur la prairie Toute fleurie Si la cigale chante encor Pour vous prédire un ciel longtemps d’azuret d'or; Et que, venu l'hiver, elle quête une graine Qu'elle aura, la pauvrette, oublié d’amasser, Ah! ne vous montrez plus vilaine Et ne l’envoyez pas danser.
n - Re PARA
Le premier imbécile Fait le mal pour le mal ct s’en vante, on le sait ; Mais une autre vengeance autrement difficile, C'est de faire du bien à celui qui nous hait,