LE LOUP CONVERTI
Souvent, presque toujours les loups naissent et meurent Avec leur goût sauvage et leurs grands appétits :
Les hommes font-ils mieux ? Fort souvent ils demeurent, Au déclin de leurs jours, ce qu'ils étaient petits.
Je connus un vieux loup pourtant, par oui-cire, Qui vécut longtemps mal, comme font tous les siens, Dévora maint agneau, croqua mêxe des chiens,
Et qui finit par s'interdire
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Le moindre coup de dent sur le fruit défendu, Il s'était tait mouton, même, mouton tondu,
Malgré sa dignité, melgré son air austère,
On le vit « rugret entrer dans le troupeau,
Car on ignorait si, tout en changeant de peau,
Il avait en effet changé de caractère.
Mais un jour il prouve sa droiture de cœur Par une admirable conduite :
Attaqué par des loups, il les mit tous en fuite, Et revint au bercail vainqueur.
En voyant un mouton d’une force pareille Les loups, effrayés tout à coup,
S'étaient dit à l'oreille :
Sauvez-nous, c'est l'agneau qui mange ici le loup!
Le persécuteur que la grâce éclaire Et met à genoux dans l’humilité,
Devient fort souvent l'appui tutélaire De la vérité,