LE RENARD PRUDENT
Compère l'ours, un jour, écrivit une lettre À son voisin le renard.
C'était pour un diner.... Il n’y voulait admettre Que le convive libre, aimable, goguenard.
On allait faire ripaille..
Pas d'eau, du vin... à flots ! Puis un bœuf d’une taille... Tout était prêt déjà : chaudière, bœuf et feu. Allait-on s'amuser un peu !
Le renard accourut, Il faut bien qu'on le dise, T
: Pour lui c'est un péché mignon Que le péché de gourmandise.
Mais quand il vit de loin son rusé compagnon Prendre pour le fricot une étroite chaudière, Il se dit :
— Ce n’est pas assez grand pour un veau ; Ca sent la trahison. Retournons de nouveau A notre renardière.
Pour n'être point dujés voyez toujours, d’abord, Si paroles et faits se trouvent bien d'accord.
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