‹ Fables [microforme] (volume 2)Chapitre 62 sur 109 · LE LOUP DEVENU MOUTON · texte numérisé non relu

LE LOUP DEVENU MOUTON

La chose pourtant, je l'avoue, N'a pas de probabilité,

Vous allez croire que je joue Avec votre crédulité ;

I] n’en est rien, je vous l’assure, Et l’histoire improbable est sûre.

Pour la comprendre tout d’abord Et lui trouver de la justesse, Il faut savoir qu’un loup ne mord

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Que s1 la faim le presse.

Partant de cette vérité

On verra, je l'espère, Que le loup qui fait bonne chère Doit avoir de l'humanité.

Donc ce brigand de quadrupède

Qu'on uomme mangeur de moutons

Courait, hurlant sur tous les tons Et cherchant un remède

Qui put à son mal mettre fin.

Ce mal, passager d'ordinaire,

N'’était pas, certe! imaginaire,

C'était la faim.

Il aborda, la gueule ouverte

Et d’un air bien déterminé,

Tn troupeau qui. dans l'herbe verte Faisait sieste après diné.

Le chien accourut tout de suite, Mais le loup ne prit point la fuite ; I] fallut donc parlementer..

— J'ai faim, je mange, dit le fauve, Rien qu’un mouton et je me sauve :

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