LE LOUP DEVENU MOUTON
La chose pourtant, je l'avoue, N'a pas de probabilité,
Vous allez croire que je joue Avec votre crédulité ;
I] n’en est rien, je vous l’assure, Et l’histoire improbable est sûre.
Pour la comprendre tout d’abord Et lui trouver de la justesse, Il faut savoir qu’un loup ne mord
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Que s1 la faim le presse.
Partant de cette vérité
On verra, je l'espère, Que le loup qui fait bonne chère Doit avoir de l'humanité.
Donc ce brigand de quadrupède
Qu'on uomme mangeur de moutons
Courait, hurlant sur tous les tons Et cherchant un remède
Qui put à son mal mettre fin.
Ce mal, passager d'ordinaire,
N'’était pas, certe! imaginaire,
C'était la faim.
Il aborda, la gueule ouverte
Et d’un air bien déterminé,
Tn troupeau qui. dans l'herbe verte Faisait sieste après diné.
Le chien accourut tout de suite, Mais le loup ne prit point la fuite ; I] fallut donc parlementer..
— J'ai faim, je mange, dit le fauve, Rien qu’un mouton et je me sauve :