‹ Fables [microforme] (volume 2)Chapitre 63 sur 109 · COURT NA · texte numérisé non relu

COURT NA

Je suis facile à contenter.

—Qu’à pas un ta griffe ne touche, Répliqua le cerbère, ou bien...

Cet “ou bien ” avait l'air farouche, Mais le loup ne fit cas de rien Et continua sa menace,

Le chien qui n’était j'as honasse Se creusait le cerveau

Pour trouver un moyen nouveau

De protéger la bergerie.

— Vous avez faim ? dit-il au loup; Si ce n’est point plaisanterie

Je vous ferai manger beaucoup.

Restez ici dans cette plaine, Enrôlez-vous dans mon troupeau, Allez paître au son du pipeau

. Et vêtez la robe de laine ;

Cela vaudra mieux, bien des fois, Que de courir le ventre vide,

Toujours traqué, toujours avide, A travers les champs et les bois.

Je crois que votre offre est honnête

Et je l’accepte franchement,

Répondit la prudente bête,

Tout en souriant méchamment ;

Je vous demeurerai fidèle

Puisque je serai bien nourri;

Je vais être un agneau modèle, J'en ferais le pari.

Combien ainsi font du tapage Jettent au vent page sur page, Menacent de tout fracasser, Mais qui perdent leur violence Et gardent un prudent silence Dès qu'on offre de les placer ?

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