‹ Fables [microforme] (volume 2)Chapitre 72 sur 109 · LE NUAGE ET LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LE NUAGE ET LE SOLEIL

Le soleil rayonnait sur les bois et les plaines Depuis longtemps, Et les promesses du printemps Devenaient vaines ; Les cieux étaient sereins, rien n’en tachait l'azur ; Le terre était dans la souffrance ; La fleur inclinait son front pur, Et l'espérance Ne germait plus dans le sillon.

Un nuage parut comme un noir tourbillon :

— Il est temps que j'arrive, Cria-t-il au soleil,

Si je veux que la terre vive

Et secoue un peu son sommeil ;

Tu crois la réchauffer et ton rayon la brûle ;

Eloigne-toi, recule !

Laisse-moi réparer les maux

Que tu causes en mon absence.

Le nuage, à ces mots, Pour montrer sa puissance, Ouvre son aile sombre et voile le ciel d'or.

Il fit longtemps pleuvoir, et la terre, iaondée ‘Par cette interminable ondée, Souffrit davantage encor

Notre cœur a besoin, comme la terre avide, D'orage et de soleil souvent et tour à tour; Un bonheur trop constant le rend parfois aride, Un long malheur, parfois, l'écrase sans retour.

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