‹ Fables [microforme] (volume 2)Chapitre 83 sur 109 · LE SECRET DU BONSEUR · texte numérisé non relu

LE SECRET DU BONSEUR

Un grand fermier, un fermier riche Et pas trop chiche Àvait à son service un pauvre journalier Qui portait gatment le collier.

L'un travaillait toujours, l’autre, pas de l’année ; Le travailleur chantait tout comme son seigneur, Et souvent après sa journée Semblait goûter plus de bonheur.

Mais le maître trouvait une gaîté si belle Peu naturelle.

FABLES. x 219

—Ce rustre pensait-il, a quelque doux secret Dont il use en homme discret.

X] faut l’interroger. J'ai le droit de connaître

S'il est aussi content qu'il veut bien le paraître.

Or, le soir arrivé Et l’ouvrage achevé, Le serviteur, près de la flamme, Daos un couplet joyeux laissait rire son âme.

—Tu chantes bien, dit le férmier, En vérité cela m'intrigue :

Tu ne sens donc pas la fatigue ?

—La fatigue, je l'aime; elle rend mon sommier D'une mollesse souveraine.

—Tu trouves du plaisir à travailler toujours ?

C'est le sort de la race humaine.

AA

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