LE SCULPTEUR ET LA MADONE
Un sculpteur de renom quelque peu philosophe, Un homme d’une étoffe Avariée un peu, Croyait, il est bien vrai, l'existence de Dieu, Mais disait, tout de même, Que cet Être suprême Nous trouve trop petits pour s'occuper de nous, Et que, par conséquent, il est fort inutile Pour notre humanité futile De se mettre à genoux.
mr A
FA RCIP PET À 17 ERREUR énRe | ML Vu RENTRER it ur
ns -
Notre sculpteur fouilla donc un bloc de Carrare D'une blancheur fort rare Avec son magique ciseau.
Il travailla longtemps. Sous les coups du marteau L'on vit se dessiner une belle madone,
Son air était si pur, ses traits, si gracieux, Qu'elle semblait avoir ce feu que l’âme donne Æt qu’elle prend aux cieux.
Et l'artiste, ravi de son œuvre sublime,
Ne sortait qu’à regret de son humble atelier ; Un sentiment d'amour étrange et légitime
A ce fruit de ses mains paraissait le lier.
Cependant, ô merveille !
Auprès de sa statue il en voit, un matin, Une autre tout à fait pareille. Ses yeux ont un éclat divin, Puis une larme, Les voilant à demi, leur donne un plus doux charme, Un rayon tout mystérisux Autour de son front glorieux Décrit une auréole, Et jette doucement Dans l’humble appartement Une lumière chaste et molle.
Le sculpteur s'arrête étonné :
—Quel rival fortuné Est venu m'écraser du poids de son génie ?
Dit-il. © cruelle avanie!
= Je briserai mon œuvre et ne tenterai plus Des efforts superflus !
La madone nouvelle Eut un souris bien doux :
— Ne soyez pas jaloux, Mon enfant, lui dit-elle, De l’œuvre da Seigneur.
Aimez pour votre honneur, Gardez pour votre gloire, Vous pouvez bien m’eu craire, L'ouvrage de vos mains ; Mais Dieu, je vous l'atteste, Dieu, l'artiste céleste, Aime aussi les humains.
rme,