LA PLUME ET LE PIN
Une plume légère, — Non pas la plume mensongère Du journaliste besacier Ou du poète romancier, Mais la plume d’une hirondelle, D'un étourneau Ou d’un moïineau, Je ne sais trop laquelle, — Une plurne, toujours, par le souffle du vent S’envolsit emportée, Comme cela se voit souvent.
Passant à la portée D'un pin majestueux, Elle lui fit, d’un air présomptueux, Cette ridicule menace :
— Pin, courbe-toi, sinon je t'écrase sur place ! Ne me demande pas pourquoi, Mais regarde derrière mot.
—Je vois en effet sur la plaine, Dit le pin dédaigneux, des arbres entassés, Mais, va! ce n’est point toi, ‘est le vent qui t'entratne
Qui les a terrassés,
Plus d’un homme léger qu’un sot orgueil consume Croit tout régenter de son fouet, Et, comme cette plume, N'est lui-même qu’un jouet.