FABLE XXII
LE CHIVAL ET LE CHARRIOT. É Cela v N'impe
Un bon cheval d’un certain âge, Traînait depuis longtemps un pesant charriot ; Il était tout en nage, Mais il ne disait mot.
A quoi sert de se plaindre : Quand personne n’est là pour nous prendre er. pitié, Ou, tout au moins, pour feindre Une douce amitié ?
Il vaux mieux avec patience ÆEndurer son mal.
C’est ce que l’°nimal
Faisait en conscience ; Mais il n’en pensait pas moins.
Cependant la voiture il Conduite par ses soins | Parvint, sans fâcheuse aventure, Au sommet d’un vaste coteau.
La descente en était rapide :
Un roc abrupt, ‘un trou perfide Resserraient le chemin comme eut fait un étau. Alors le véhicule ’ Commença de parler.
DT. É Cela vous semble étrange, et même ridicule ; N'importe ; pour si peu n’allez pas quereller.
— Laisse flotter tes rênes, É Dit-il au cheval fort surpris ; Depuis bien longtemps tu me traînes ; Ton cœur est bon, je l’ai compris.
ne À mon tour, sans qu’ou le devine, idre er. pitié, Sur la pente de la ravine :
re Je vais te pousser bravement, Et tu n’as qu’à te laisser faire Pour descendre en bas promptement ; Je connais mon affaire.
rriot :
Le cheval, écoutant ce propos singulier, Changea de rôle.
Après tout, ce devait être joliment drôle Que ne pnlus se morfondre à tirer du collier. Il partit aussitôt sur la pente assez raide.
Le charriot content de lui donner de l’aide, Poussait, poussait ; si bien qu’e: ‘enfn Il le poussa dans kr ravin, .
Vous qui nous conduisez à travers les abtmes,
N'allez pas imiter ce cheval idiot, Ne changez pas de rôle avec certains intimes, Car il feraient, bien sûr, comme le charriot.