‹ Fables [microforme] (volume 3)Chapitre 75 sur 100 · LE PAYSAN ET LA MINE D'OR · texte numérisé non relu

LE PAYSAN ET LA MINE D'OR

Un jour, en labourant sa terre, Un pa, san trouva quelques pépites d'or.

Il crut qu’un immense trésor Se cachait là dans le mystère ; I1 se mit à chercher, fouillant de toute part Au hasard Du pic et de la bêche ; Mais la chance, revêche, Ne lui souriait pas souvent, I1 n’en gardait pas moins son aveugle courage Et creusait plus avant,

Il négligea son labourage Et ne faucha plus de moissons Aux gais refrains de nos chansons.

La dépense augmentant bien plus que les recèttes, I] fit des dettes ; Mais il s’en moquait bien.

En effet combien Voudraiènt être à sa place, avait la perspective De la fortune et des honneurs, Et puis voir, en définitive, A leurs pieds tous les sérmoneurs ?

—Je serai, pensait-il, commissaire d’école :

On commence par là.

Je serai président d’un grand cercle agricole, Et, pour cela, J’appréndrai peut-être De quelque bon maître À signer mon nom au lieu d'une croix.

Je serai marguillier. Plus que cela, je érois, Je serai maire en ma paroisse Et préfet du comté.

Je vois les envieux, je comprends leur acgoisse.… Mais je veux user de bonté Et ne traiter personne avec outrecuidance.

Or, une fois en évidence,

Il me sera facile assurément De devenir membre du Parlement...

On me recherchera. Tiens ! déjà? Sur ma porte Je vois bien, n'est-ce pas, le députation ?.. Je gage qu'on m'apporte Une humble réquisition, Allons au-devant tout de suite ; Soyons digne, c’est bien, mais pas trop obstiné.….

Hélas! c'était une poursuite ; Il était ruiné :

Braves cultivateurs qui cherchez la fortuns, Quand vient la saison opportune Fouillez bien votre sol, bêchez votre terrain, Mais pour y semer du bon grain.

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