LES FEUX SAINT ELME ET LE PHARE
Un soir que l'océan roulait vers son rivage, Avec un bruit sauvage, Ses flots tumultueux, Des aigrettes de flamme, au milieu des ténèbres, Dansaient de toute part, sur les vagues funèbres Et dans les vents impétueux.
C'étaient les feux Saint-Elme et les feux Sainte-Claire.
Joyeux et vifs, Ils s'approchèrent des récifs Où brillait chaque nuit un phare solitaire.
—Pourquoi ne viens-tu pas avec nous voltiger ? Dirent-ils d’un ton léger A l'immobile lumière ; Toi qui pourrais gatment comme nous flamboyer Comment peux-tu dans ce foyer Demeurer ainsi prisonnière ?
Le phare répondit :
— Pendant qu'en gais faisceaux Vous jouez dans lés mâts dés malheureuxv aisseaux Qui courent au naufrage,
Moi je reste sur le rocher
Pour leur défendre d'approcher.
Je rends l'espoir et le courage
Au matelot qui craint la mort ; J’éloigne le danger et je montre le port.
Les vains sectaires de ce monde, Avec leurs doux enseignements Qui changent à tous les moments,
Sont pareils à ces feux qui voltigent sur l'onde.