FABLE XVIII
Le Taureau et la Fourmi.
Un taureau qu’irritait la moindre agacerie, Paissait avec un compazynon L’herbe fraîche d’une prairie.
Or voilà que, distrait peut-être, —ou le guignon, Chose assez familière, —
Il se met à brouter sur une fourmilière, Une fourmi le mord.
Aussitôt il bondit comme devant la mort ;
Une flamme s’allume au fond de ses yeux mornts, Et du bout de ses cornes
Il laboure le sol. Riant de ce COurroux,
La fourmi trottinait sur son large front roux.
Quoi de plus insensé que ces accès de rage Contre un être chéiif ? *
Gardez votre vigueur, gardez votre courage Pour un digne motif.