FABLE XIX
Le Saule et le Pin.
* Tu trembles, tu te plains, et c’est bien par ta faute,” Dit au pin, son ami, le saule du vallon, Un jour que l’aquilon Hurlait au sommet de la côte, Et que l’arbre d’en haut se tordait en tous sens.
“ Descends donc près de moi, pauvre insensé, [descends,
nes, Fit-il encor, dressant sa maigre silhouette,
Ici pas d’ouragans, et le vent qui te fouette
Caresse mes rameaux.”
l'autre ferme l'oreille et n'entend pas deux mots. Il ne perd pas une minute ; Il <e courbe et se dresse, il s’agite et frémit, Et sa racine s’affermit Par cetté lutte.
Le vent n’en peut venir à bout.
Il reste vaillamment debout
Pendant que la tempête ailée, Fondant sur la vallée,
Effleure le saule en son vol
Et le renverse sur le sol.
L’on ne vaincra jamais l'homme qui sut combattre Dès le commencement, contre l’ adversité, Mais un souffle, parfois, suffira pour abattre
Celui qui n’a jamais lutté.
battre,