‹ Fables [microforme]Chapitre 27 sur 85 · FABLE XXVII · texte numérisé non relu

FABLE XXVII

L'Aigl ‘ : Serpent.

Un serpent,—je ne sais trop de quelle famille,

Mais un ambitieux, on sait qu’il en fourmille,—

Pour monter aux sommets qui bordaient les vallons, Sortit de sa retraite immonde.

“Nous allons, se dit-il, étonner tout le monde, Et montrer ce que nous valons.”

Roulant des pensers de conquête, Il atteignit enfin l’arête D’un superbe rocher.

Un aigle le vit approcher Et le salua jusqu’à terre.

“Je ne puis revenir de mon étonnement, Dit-il, monter ici sans ailes, quel mystère ! Vous pouvez bien, alors, monter plus haut, vraiment.

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—Comment, monter plus haut ? Ce serait bien Je n’ai point d’ailes, moi. [étrange,

—Quand on veut tout s’arrange,

Et voici le moyen, Je volerai pour vous, mon cher concitoyen.”

L’aigle, à cette parole, Prend le reptile « vole Sur l’abîme profond.

Le serpent dit, tout fier:

“Voici que mainte bête Pour m’admirer lève la tête; Ma grande audace les confond.

—Pour être plus sincère

Et ne pas te fourber, Je crois, dit laigle, ouvrant sa serre, Qu’elles te regardent tomber.”

Plus d’un ambitieux aspire A tout soumettre à son empire, Monte avec lenteur en rampant,

Et finit comme ce serpent.

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