FABLE XXX
Les deux Voisines et la Mort.
Deux voisines causaient,—<c’est assez la coutume. Ce qui le serait moins, c’est moi qui le présume, Serait d’en trouver deux qui ne causeraient pas,
Ou tout haut ou tout bas.
L’une se disait aise
De son humble destin.
“ La table du festin, Disait l’autre en sa thèse, Est mal servie, en vérité.
Je suis assez bonne chrétienne ; Je parle avec sincérité, Mais j'ai hâte que la mort vienne,
Car je suis lasse de souffrir.”
La mort entra soudain.
“Je viens pour vous
Mes très humbles services, Et finir vos supplices, Dit-elle.
—Madame la mort, S’écria la femme chagrine, Prenez donc ma voisine Tout d’abord.”
Quelque triste que soit de nos jours le poème;
ne. Quel que soit le bonheur que l’on espère aux cieux, €, On aime toujours mieux : Voir mourir ses voisins que de mourir soi-même.
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