FABLE L
La Mouche et le Taureau.
Nombre d’hommes, partout, se pensent nécessaires, Utiles, tout au moins,
Qui he sont qu’ennuyeux. Ils ont été témoins
De maints gestes et faits. Ils se disent sincères :
Vous donnent des avis que vous suivrez, sinon, Ils ne répondent de rien, non !
Leur zèle me déplaît beaucoup plus qu’il me touche. Ils me rappellent cette mouche
Qui prit pour piédestal la corne d’un taureau.
“Je viens pour te servir, dit-elle au quadrupède ;
Je suis pour la victime et non pour le bourreau. Mais si mon poids, trop lourd, te fatigue, je cède.
Je m’envole... tu peux parler.
— Merci de tant de complaisance, Fit l’animal, tu peux rester ou t’en aller, J’ignorais ta présence.”