FABLE LI
Le Cheval et le Charriot.
aires, Un bon cheval d’un certain âge, Traînait depuis longtemps un pesant charriot ; Il était tout en nage, Mais il ne disait mot.
À quoi sert de se plaindre Quand personne n’est là pour nous prendre en pitié, Ou, tout au moins, pour feindre Une douce amitié ?
Cependant la lourde voiture Roulait sans fâcheuse aventure,
Au sommet d’un vaste eoteau.
La descente en était rapide :
Un roc abrupt, un trou perfide Resserraient le chemin comme eut fait un étau.
EE
“ Laisse flotter les rênes, Dit-elle au cheval fort surpris; Depuis bien longtemps tu me traînes ; Ton cœur est bon, je l’ai compris.
A mon tour, sans qu’on le devine, Sur la pente de la ravine Je vais te pousser bravement, Et tu n’as qu’à te laisser faire Pour descendre en bas promptement.….
Je connais mon affaire.”
Le cheval, écoutant ce propos singulier, Changea de rôle.
Après tout, ce devait être jolimen:: drôle
Que ne plus se morfondre à tirer du collier.
Il partit aussitôt sur la pente assez raide.
Le charriot content de lui donner de l’aide,
Poussait, poussait; si bien qu’enfin
I1 le poussa dans le ravin.
Vous qui nous conduisez, hommes de tous régimes, N’allez pas imiter ce cheval idiot,
Ne changez pas de rôle avec certains intimes,
Car il feraient, bien sûr, comme le charriot.
imes,
FABLE LIl
La Harpe et le Uténett
Une harpe pendait aux nie d’un ormeau.
Près de là, sur un toit, au, milieu du hameau,
Une girouette de tôle
Jouait fidèlement: sori rôle,
Tournant peut-être dussi souvent
Qu’on le fait en’jojant le nôtre.
Chose étrange, le même vent
Fit chanter l’une et gémir l’autre.
[tombons,
Vents du ciel : Deuils, soucis, chagrins où nous [rritent les méchants et font chanter les bons.
FABLE Lil
CPR LAS ”
Les deux Cultivateurs.
Un pauvre labourewër s donnait grande peine Pour ôter les cailloux qui couvraient son domaine Et son voisin lui dit : ‘:
“Tu gagnes bien ton pain O misérable prolétaire, Plutôt que d’épierrer ure pareille terre J’endurerais longtemps la faim.
Mais il voit tout à coup un serpent qui s’approche : “ Voisin, voisin, fit-il, vite apporte une roche !...”
Ce qui vous écrase aujourd’hui Peut, demain, vous servir d’appui.