FABLE LV
Le Nuage et le Soleil.
Le soleil inondait les plaines Depuis longtemps Et les promesses du printemps
donne; Devenaient vaines.
étrer. Le ciel n'avait que de l’azur; bonne, La terre était dans la so * ‘ance:
2 2 La fleur inclinait son front ur
Et l'espérance Ne germait plus dans le sillon.
Un nuage parut comme un noir tourbillon :
“Il est temps que j'arrive, Cria-t-l au soleil, Si je veux que la terre vive Et secoue un peu son sommeil.
Tu crois la réchauffer et ton rayon la brûle,
Eloigne-toi, recule !
Laisse-moi réparer les maux Que tu causes en mon absence ! ”
Le nuage à ces mots, Pour montrer sa puissance, Ouvre son aile sombre et voile le ciel d’or.
Il fit longtemps pleuvoir et la terre inondée Par cette interminable ondée Souffrit encor,
Notre cœur a besoin, comme la terre avide, De pluie et de soleil, souvent et tour à tour : Un bonheur trop constant le rend parfois aride,
Un long malheur, parfois, l’abîme sans retour.
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