‹ Fables [microforme]Chapitre 52 sur 85 · FABLE LVI · texte numérisé non relu

FABLE LVI

Les Feux Saint-Elme et le Phare.

Un soir que l’océan roulait vers son rivage Avec un râlement sauvage Ses flots noirs et tumultueux, Des aigrettes de flamme, au milieu des ténèbres, Dansaient de toute part sur les vagues funèbres Et dans les vents impétueux.

C'étaient les feux Saint-Elme et les feux Sainte- | [Claire.

Dans leurs ébats joyeux et vifs Ils sapprochèrent des récifs Où brillait chaque nuit un phare solitaire.

“Pourquoi ne viens-tu pas avec nous voltiger,

Dirent-ils d’un ton léger À limmobile lumière ?

Toi qui pourrais gaîment comme nous flamboyer, Comment peux-tu, dans ce foyer, Demeurer ainsi prisonnière ?

Le phare répondit :

—Pendant qu’en gais faiscea

Vous jouez dans les mâts des malheureux. vaissenr

Qui courent peut-être au naufrage,

Moi je reste sur le rocher

Pour leur défendre d’approcher.

Je rends lespoir et le courage

Au matelot qui craint la mort ; J’éloigne le danger et je montre le port.”

Les vains sectaires de ce monde

Avec leurs doux enseignements

Qui changent à tous les moments Sont pareils à ces feux qui voltigent sur londe.

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