FABLE LXXV
Les deux Chevaux.
ge Un homme avait à l’écurie Deux chevaux, l’un vieux et boiteux, lement L’autre aimant la galanterie, Jeune encore et fort vaniteux.
Or, il survint une disette.
Après une longue diète, On se vit obliger de tuer un cheval.
Notre jeune et bel animal
ia Se montrait, ce jour-là, tout pimpant, tout allègre
Pong Et sans gêne riait de son compagnon maigre.
ets, “ Pauvre ami, lui dit-on, caressant de la main Son épaisse et longue crinière,
is, Oui, voïlà notre heure dernière,
Et nous allons mourir de faim
Si tu ne fais un sacrifice.
—Me séparer du vieux ? mon regret est .rdent, Mais il faut bien se mettre un morceau sous la dent. Il sera fier de cuire à votre bénéfice.
Il me désennuyait ; je le regrette bien...
Cependant, disons-le, maître, il n’est bon à rien.
—Pas même à manger, dit le maître, Et c’est toi qu’il nous faut.”
Ne cherchez pas trop à paraître, C’est souvent un fatal défaut.