FABLE LXXX
e la ci Le Renard et l'Ours.
Un renard qui, je pense, avait eu bonne école, Trouvant une perdrix prise dans un collet,
= Se dit :
inhdes “ C’est bien à moi; le chasseur me la vole,
omme je vole aussi quand je croque un poulet. Je l’emporte.”
I] da prit. Alors un ours morose, Jaloux du bon morceau, lui barra le chemin, Le renard salua son terrible voisin, Et voulut s'échapper.
“Il me faut autre chose, Lui dit le vieux grognard.
—Vous faut-il deux saluts ? demanda le renard Avec une peur mal cachée.
—Il me faut la perdrix.
À —Ce n’est qu’une bouché, #8 % Mais, bah ! partageonsdla. Je voudrais faire plus.
1 —Je veux tout. Ne fais pas de discours superflus. 1 Et quand j'aurai croqué cette bête emplumée,
1 Foi d’ours canadien ! |
Si ma faim n’est pas calmée,
Je te croquerai bien.”
—Ton espérance est vaine et ta parole est fausse,” Réplique le renard à son vieux souverain.
$ 1 Il recule d’un bond sur le bord d’une fosse ‘4 Qu'il vient d’apercevoir au milieu du terrain. L’ours s’élance aussitôt et tombe dans le vide.
| “Vous êtes souple autant qu’avide
| Reprit maître Renard; n’oubliez pas, seigneur,
| Quand vous serez monté, de venir tout de suite: Vous me ferez beaucoup d’honneur
| Et la perdrix sera bien cuite.”
On ne saurait pas avoir tort D’aller demander à la ruse Ce que la force nous refuse Quand le méchant est le plus fort.
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