‹ Fables [microforme]Chapitre 9 sur 85 · FABLE VIII · texte numérisé non relu

FABLE VIII

La Cigale et la Fourmi.

Le cigale est railleuse

Et se plaît à chanter; La fourmi, travailleuse,

N’aime pas plaisanter.

Elle est peu charitable Et d'humeur intraitable, Le fait ne peut être nié, Lafontaine, enfin, n’a pas calomnié,

à hiver, la fourmi que l’on dit tant avide ait pourtant laissé son grenier presque vide, ce fut à son tour alors de mendier.

Chez la cigale, sa voisine, Où l’on faisait bonne cuisine, Elle s’en vint psalmodier,

Avec bearcoup de modestie, Pour s’attirer la sympathie, L'histoire de sa pauvreté.

A lentendre son sort n’était pas mérité.

La cigale prenant une façon badine, Lui dit: :

“Venez manger; cet nes moi je dîne..

Il n’en a pas ainsi toujours été.

—Comment reconnaîtrai-je enfin tant de bonté ? Répliqua la fourmi.

—Comment ? Sur la prairi Toute fleurie Si la cigale chante encor Pour vous prédire un ciel longtemps d’azur et d’or, Et que, venu l’hiver, elle quête une graine Qu'elle aura, la pauvrette, oublier d’amasser, Ah ! ne vous montrez plus vilaine Et ne l’envoyez pas danser.”

Souvent un imbécile Fait le mal pour le mal et s’en vante, on le sait ; Mais une autre vengeance autrement difficile, C’est de faire du bien à celui qui nous hait.

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