LE LOUP ET L'AGNEAU
Une fois un jeune agneau Pauvre orphelin sur la terre, S’abreuvait daris un ruisseau, Quand un être sanguinaire
Le loup vint pour y laper.
Il l’aperçoit et s'arrête, Grondant et branlant la tête ; L’agneau se met à trembler...
— Pourquoi, petit misérable,
‘“ Dit le loup à l’agnelet,
“ Bois-tu de ce ruisselet ?....”
— Oh ciel! si je suis coupable,
‘ Pardonnez.…... puissant seigneur, ‘ J’ignorais cette défense
“ Et je jure sur l'honneur...”
tt C'est assez. Fais-moi silence !
‘“ Garde pour toi ton serment, Mais avoue à l’instant même ‘ Que tu parlas méchamment “ De moi, le dernier carême ?....' —“ Moi! seigneur, je n'ai parlé; ‘ Comment l’aurai-je pu faire,
‘“ Puisque je n’étais pas né...”
— Brigand ! veux-tu bien te taire ?..
‘ C'étaient tes frères alors ?...”
—“ Hélas ! ils n’ont rien pu dire ‘ Mes frères, tous deux sont morts ‘ Avant l’hiver, mon doux sire !....” “ Si ce n’est eux, c’est quelqu'un ‘ De ta race médisante, ‘ Frère ou cousin, c’est tout un.
‘ L’'insulte est par trop criante :
‘“ Je me venge cette fois.” Le loup saisit sa victime Qu'il emporte au fond du bois.
Partout le fort prend la dîme.