‹ Fables [microforme]Chapitre 46 sur 65 · LE LOUP ET L'AGNEAU · texte numérisé non relu

LE LOUP ET L'AGNEAU

Une fois un jeune agneau Pauvre orphelin sur la terre, S’abreuvait daris un ruisseau, Quand un être sanguinaire

Le loup vint pour y laper.

Il l’aperçoit et s'arrête, Grondant et branlant la tête ; L’agneau se met à trembler...

— Pourquoi, petit misérable,

‘“ Dit le loup à l’agnelet,

“ Bois-tu de ce ruisselet ?....”

— Oh ciel! si je suis coupable,

‘ Pardonnez.…... puissant seigneur, ‘ J’ignorais cette défense

“ Et je jure sur l'honneur...”

tt C'est assez. Fais-moi silence !

‘“ Garde pour toi ton serment, Mais avoue à l’instant même ‘ Que tu parlas méchamment “ De moi, le dernier carême ?....' —“ Moi! seigneur, je n'ai parlé; ‘ Comment l’aurai-je pu faire,

‘“ Puisque je n’étais pas né...”

— Brigand ! veux-tu bien te taire ?..

‘ C'étaient tes frères alors ?...”

—“ Hélas ! ils n’ont rien pu dire ‘ Mes frères, tous deux sont morts ‘ Avant l’hiver, mon doux sire !....” “ Si ce n’est eux, c’est quelqu'un ‘ De ta race médisante, ‘ Frère ou cousin, c’est tout un.

‘ L’'insulte est par trop criante :

‘“ Je me venge cette fois.” Le loup saisit sa victime Qu'il emporte au fond du bois.

Partout le fort prend la dîme.

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