‹ Fables nouvellesChapitre 10 sur 21 · XY · texte numérisé non relu

XY

MjC Verf'vainnt.

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« Salut au frère ailé qui prend place en vos rangs! » Disait à la troupe légère

Dans les airs planant libre et fîère ,

Le plus hardi des cerfs-volants , Qu'ait jamais dirigés, prudente messagère , L'industrieuse main d'un gamin de seize ans :

— « Un frère ? Où donc ? dit l'hirondelle.

— A tes côtés ; regarde-moi !

— Oh ! le bel oiseau ! répond-elle.

— Pourquoi donc ce dédain? — Tu demandes pourquoi?

Avons-nous ici , comme toi , Ce fil sale et terreux , suspendu sous notre aile ? »

Nous avons bien des cerfs-volants , Tout chargés d'oripeaux brillants ; En vain la terre les rappelle ; Ils s'élèvent , battant de l'aile , Majestueux , retentissants...

Mais , hélas ! on voit la ficelle !

Et'Oiseatê des chatnp»

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«0 loi qui promènes Des forèls aux plaines,

Des prés aux fontaines , Ton vol voyageur ; Ton ardeur butine La blanche aubépine, La fraîche églantine , L'épi du glaneur; Du fruit qui se penche , A la haute branche , Ta soif qui s'étanche Détruit la primeur ; Puis ton gai caprice Broie un vert calice , Et ton aile glisse Des fruits à la fleur.

La terre est si belle!

Son parfum t'appelle ; Ta joie éternelle Fêle sa splendeur.

Mais jouir sans cesse!

Dis-moi qui le presse?

Crains-tu la détresse?

— Je crains le chasseur.

Pour nous point de grâce !

Le plomb siflle et passe ; Toujours il menace Du coup destructeur. Sous la mort présente, L'oiseau vole et chante, Et l'herbe sanglante Reçoit le chanteur.

Quand l'aube étincelle , La balle cruelle Vient briser une aile Oui bat de bonheur ; Aussi je butine La blanche aubépine ,

130 LIVRE DEUXIÈMK.

La fraîche églantine, L'épi du glaneur ; Du fruit qui se penche, A la haute branche, Ma soif qui s'étanche Détruit la primeur.

Je vole et j'oublie La balle ennemie ; J'attends et défie La mort sous la fleur. »

Si l'oiseau qui chante Sous la mort présente , Sur l'herbe sanglante Sourit au destin ; Sachons au passage Braver le nuage ;

LIVKK DKUXIKMK. I3J

Défions l'orage Qui gronde au lointain.

Quand le jour rayonne , A tout ce que donne Sa fraîche couronne Ouvrons notre main ; C'est Dieu qui l'envoie; Cueillons avec joie Tout ce qui verdoie Au bord du chemin !

Comme un rêve passe Sans laisser de trace , Ainsi tout s'efface , Tout suit son déclin.

Sitôt desséchée , Quel vent t'a touchée , Pauvre fleur penchée , Si belle ad malin ?

Quand Dieu la colore , Cueillons , dès l'aurore , La fleur qui se dore, Sans dire : A demain!

Heure fugitive , Où tout nous captive , Ta lueur si vive Doit mourir soudain!

Sois notre conquête!

Heureux qui te fête !

La main qui t'arrête Trompe le destin.

Ejo. eHau»»ure.

« Maladroit ouvrier, que vainement j'adjure

De caser moins élroiteraenl

Ce pied d'une honnête structure , Tu ne m'écoules pas! Ton fol entêtement

Veut donc me nnettre à la torture ;

Et ton fatal aveuglement

M'emprisonne en cette chaussure!...

Avec elle, pourtant, j'ai marché vaillamment.

Mais qu'un seul instant je m'arrête , En ton cercle de fer en vain tu me retiens ; Il faut, soulier maudit, que mon pied te rejette; Et l'esclave au repos veut briser ses liens I »

Méditez sur ce point , souveraine sagesse!

Ce peuple , dont on craint et la tête et le bras ,

Faites-le donc marcher sans cesse!

C'est quand vous arrêtez ses pas.

Qu'il s'aperçoit surtout que son soulier le blesse.

i/itrht'e MOUê'i'ii'ie»'

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LES RLCHEROIVS.

'< <Juoi! tu n'as plus pour nous qun riinicaux di^'iraruis, Ouaiul v(;rs toi l'ospoir nous anirne .

Quand nous accourions, hors d'haleine , Savourer ton ombre et tes fruits ! »

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